L'anti-sicilienne Alapin (2.c3)
1.e4 c5 2.c3. Anti-sicilienne classique. Blanc prépare d4 sans permettre l'échange typique. Variante populaire chez les joueurs blancs cherchant à éviter la théorie.
L’Alapin doit son nom à Semyon Alapin, joueur russo-allemand du début du XXᵉ siècle. Au deuxième coup blanc, plutôt que Cf3 (la sicilienne ouverte standard), Blanc joue c3. L’idée est subtile : préparer d4 sans permettre l’échange typique sicilien (cxd4 Cxd4) où Blanc perd son cavalier en d4 après quelques coups. Avec c3, Blanc soutient son futur pion d4 par un pion. Si Noir prend par cxd4, Blanc reprend par cxd4 et conserve une chaîne de pions saine. L’Alapin est extrêmement populaire chez les amateurs et les joueurs cherchant à contourner la théorie immense de la sicilienne ouverte.
En bref. Au deuxième coup blanc, Blanc joue c3 (et non Cf3). Cette anti-sicilienne empêche la sicilienne ouverte habituelle. Si Noir continue par 2…Cf6 (qui attaque e4) ou 2…d5 (qui défie le centre directement), la position devient calme et structurée. Variante très solide pour Blanc, sans grands gains tactiques mais avec un avantage stratégique léger et durable.
L’idée derrière c3
Trois fonctions de ce coup discret.
Préparer d4. Si Blanc joue directement d4 au coup 3, la position obtenue après échange devient avantageuse pour Blanc. Le pion c3 soutient d4 et empêche Noir de gagner du tempo par les coups habituels.
Empêcher la sicilienne ouverte. Sans Cf3 blanc au deuxième coup, Noir ne peut pas suivre le scénario habituel de la sicilienne. Plus de Najdorf, de dragon, de scheveningen.
Maintenir la flexibilité. Blanc n’a pas encore engagé son cavalier. Selon la réponse noire, il pourra développer en Cf3, Ce2, ou éventuellement Cd2.
Les réponses noires principales
Trois choix s’offrent à Noir.
2…Cf6 (la défense moderne). Le cavalier noir attaque le pion e4. Blanc est forcé de pousser e5, et la position devient une sorte d’avance Caro-Kann à structure modifiée.
2…d5 (la défense centrale). Noir défie immédiatement le centre. Si Blanc capture par exd5 Dxd5 3.Cf3 (gagnant un tempo sur la dame), Noir doit jouer prudemment.
2…e6 (la défense passive). Préparation classique. Position calme avec développement standard. Bon choix pour les joueurs cherchant la simplicité.
Au plus haut niveau, 2…d5 est jugé l’une des meilleures réponses : Noir égalise relativement vite avec un développement actif.
Le plan blanc après l’Alapin
Trois axes selon la réponse noire.
Si Noir joue Cf6 : Blanc continue par e5 (gagnant du tempo sur le cavalier), puis d4, et enfin développement standard. Position type français-Tarrasch avec structure légèrement favorable.
Si Noir joue d5 : Blanc joue exd5 Dxd5 3.Cf3 Bg4 4.Be2. Position calme avec développement symétrique. Avantage léger pour Blanc.
Si Noir joue e6 : Blanc continue par d4 d5 4.exd5 ou par Cf3 selon le tempérament. Position très ouverte.
Pour qui jouer l’Alapin (Blanc)
Trois profils.
Si vous voulez éviter la théorie immense de la sicilienne ouverte, l’Alapin est une excellente option. Vous pouvez la jouer avec une connaissance de cinq à dix coups.
Si vous aimez les positions stratégiquement claires, sans complications tactiques précoces, l’Alapin vous convient. Les plans sont simples : développer, contrôler le centre, jouer une finale équilibrée si possible.
Si vous cherchez l’attaque immédiate sur le roi noir, l’Alapin n’est pas pour vous. Préférez la sicilienne ouverte avec ses variantes Najdorf et dragon.
Pour aller plus loin
L’Alapin complète les autres anti-siciliens : Rossolimo (3.Bb5+), Smith-Morra (gambit), Grand-Prix (2.Cc3 puis f4). Pour la sicilienne ouverte, voir classique, Najdorf et autres. Le glossaire des échecs couvre les concepts liés.