Partie italienne

1.e4 e5 2.Cf3 Cc6 3.Fc4. La famille d'ouvertures la plus ancienne du répertoire moderne. Trois variantes majeures : Giuoco Piano, gambit Evans, défense des deux cavaliers.

La partie italienne a quatre siècles. Le manuscrit de Polerio l’analyse à la fin du XVIᵉ, Greco la pratique au XVIIᵉ, et l’école italienne en fait pendant deux cents ans l’ouverture canonique. Le geste est élémentaire : le fou en c4 vise f7, case faible de la position de départ noire, et la pression sur ce point structure tous les plans des Blancs.

Trois grandes familles cohabitent sous le même chapeau. Le Giuoco Piano (3…Fc5) est la suite symétrique et calme, jouée à tous les niveaux depuis deux cents ans, avec deux courants modernes : le push central c3-d4 hérité du XIXᵉ siècle, et le jeu lent par d3 popularisé par Carlsen et Anand après 2010. Le gambit Evans (4.b4) sacrifie un pion pour ouvrir l’attaque. Anderssen y joue la Toujours-jeune en 1852, Morphy l’emploie régulièrement à la même époque, et Kasparov le ressuscite contre Anand en 1995. La défense des deux cavaliers (3…Cf6) coupe court à la symétrie et bascule la position dans des eaux tactiques pointues, où les Noirs cherchent l’initiative au prix d’un pion ou d’un cavalier.

Ce qui rend la famille intéressante au club, c’est la pluralité des registres. On peut aborder l’italienne en commençant par les versions calmes, comprendre la pression sur f7 sans avoir à mémoriser de longues lignes, puis basculer vers le gambit Evans ou les deux cavaliers quand on cherche du sang. Les codes ECO C50 à C59 couvrent l’ensemble.